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Mardi, 05 avril 2011

Synthèse de l'Université "Quel avenir commun pour l’Afrique et l’Europe au XXIe siècle ?"

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Sommaire

 

1. La Méditerranée ni le Sahara ne sont des barrières.

 

De même que l'histoire rappelle sans cesse que la Méditerranée a d'abord constitué un lieu d'échange plutôt qu'une frontière entre deux mondes antagonistes, de même le Sahara ne saurait scinder l'Afrique entre supposées Afrique blanche et Afrique noire. Sans doute ces zones géographiques, Nord et Sud de la Méditerranée, Nord et Sud de l'Afrique, ont-elles leurs spécificités, comme ont leurs spécificités le Nord et le Sud de l'Europe ; sans doute ainsi certains des problèmes qui se posent au nord de l’Afrique n’ont-ils pas la même pertinence au sud ; mais qu'il s'agisse des aspirations démocratiques et sociales des peuples, de la lutte pour l’égalité des droits sur la scène internationale, de la défense des intérêts commerciaux, du conflit israélo-palestinien, de la gestion des ressources naturelles ou de la préservation de la biodiversité, c’est chaque fois l’ensemble de l'espace européen, méditerranéen et africain qui est concerné. Au nom de quelle différence religieuse, de quelle prétendue distinction culturelle ou ethnique, considérerait-on la Méditerranée et/ou le Sahara comme des frontière entre des mondes ?

Les préjugés et les résidus de l'histoire la plus douloureuse empêchent trop souvent encore aujourd'hui une partie importante des représentants politiques français et européens de saisir l'importance cruciale de développer les relations entre l'Europe et l'Afrique. Si la raison l'emportait, on comprendrait la justesse du propos de Jacques Attali dans son intervention à l'Université sur la crise en Europe, au moment où il élargissait son analyse de la situation française et européenne au cadre de la mondialisation :

« Nous avons (…), à côté de nous, un continent qui va être la principale promesse de l'avenir : c'est l'Afrique. L'Afrique, c'est un milliard d'habitants. L'Afrique, dans 40 ans, c'est deux milliards d'habitants. C'est un continent qui, pour nous, Français, est particulièrement important, parce qu'en Afrique, si on avait une vraie stratégie, la langue française est la seule langue dont le nombre de locuteurs va être multiplié par 4 et dont le potentiel d'interactions va être considérable, si nous savions le faire. Nous avons un potentiel, nous Européens, dans notre dialogue avec l'Afrique, d'une puissance considérable.

A écouter les interventions des différents acteurs invités à s'exprimer lors de l'Université, on ne peut d’ailleurs qu’être frappé par la porosité des relations entre l’Europe et l'Afrique, d'une part, et au sein de l'Afrique de part et d'autre le Sahara. L’évocation des luttes d’indépendance rapproche incontestablement les pays du Maghreb et ceux de l’Afrique subsaharienne, où la domination française, entre autres, s’est fait sentir avec la même violence et suivant les mêmes principes. La réflexion sur l’immigration conduit de même des pays d’Afrique subsaharienne jusqu’aux portes de l’Europe, en passant par les pays du Nord de l’Afrique, où nombre de migrants font une halte dans leur quête de liberté, et rencontrent ceux qui, du Maghreb, cherchent aussi à fuir des conditions de vie difficiles. Les questions économiques, enfin, rencontrent un écho très souvent similaire dans des pays qui partagent de nombreuses caractéristiques politiques et sociales : fort taux de chômage, déséquilibre démographique, conditions d’échange international défavorables, …

 


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