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Mardi, 05 avril 2011

Synthèse de l'Université "Quel avenir commun pour l’Afrique et l’Europe au XXIe siècle ?"

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Sommaire

 

3. En dépit d'une histoire douloureuse, les relations entre les continents africain et européen demeurent vivantes.

Il faut se garder de tout unilatéralisme, ne pas réduire les relations « Europe-Afrique » aux relations unilatérales de l’Europe avec l’Afrique. Car, comme on l’a vu, l’Afrique elle-même a beaucoup apporté à l’Europe, d’un point de vue technique, intellectuel, artistique, etc. Et continue d’apporter, notamment à travers ses travailleurs et ses jeunes, qui sont pour beaucoup des forces vives de l’Europe de demain.

Il ne faut pas croire non plus à l’exclusivité des relations européano-africaines. Car depuis les temps les plus anciens, l’Afrique a été en rapport avec la Chine, l’Inde, la Mésopotamie, le Moyen-Orient. Le moment venu, elle a même été en rapport avec la Russie des tsars – et ce, avant d’être en rapport avec l’Europe occidentale. Aujourd’hui encore, l’Afrique est en rapport étroit avec les grandes puissances de ce monde, les États-Unis tout d’abord, mais aussi la Chine, dont le poids économique s’exerce de plus en plus sur le sol africain. L’Europe n’a donc jamais été, loin s’en faut, le seul partenaire de l’Afrique.

La meilleure façon de caractériser les relations européano-africaines est peut-être de dire que ce sont des relations vivantes, qui évoluent. Car l’Afrique, comme l’Europe, à la différence de ce que certains aimeraient nous faire croire, n’est pas un continent figé dans une invariable attitude. L’Afrique n’est pas l’éternelle répétition du même. Elle n’est pas un recommencement à l’identique. Comme le dit Elikia M’Bokolo,

 

« L’Afrique réelle et non pas l’Afrique d’hypothétiques reconstructions » ne doit pas être recherchée « dans des mythes réels ou supposés, dans des vérités construites à la va-comme-je-te-pousse, ou dans ces fausses évidences qui parfois font croire aux gens que l’Afrique est une donnée, à peu près donnée ainsi pour l’éternité, qu’elle ne change pas, qu’elle ne bouge pas, qu’elle est ainsi depuis toujours ».

 

Au contraire, depuis toujours inscrite dans l’histoire, l’Afrique est ouverte au monde qu'elle rencontre et qui la rencontre, à la fois dans des positions avantageuses, mais parfois aussi – cela a été le cas dans l’histoire et peut l’être encore aujourd’hui – dans des positions non avantageuses. Partant, les relations de l’Europe et de l’Afrique ne peuvent être que des relations vivantes, faites d'avancées et de reculs. C’est ce constat simple, mais aussi exigeant – car il en engage les uns avec les autres – qui doit être le fondement de nos relations. D'où l'importance de développer les coopérations concrètes, projet par projet pour commencer. La région Poitou-Charentes en donne un bel exemple avec la coopération décentralisée mise en place avec la région de Fatick au Sénégal, dans le domaine agricole et de l'énergie solaire. Des projets nationaux et continentaux, très concrets, sont possibles aussi, par exemple, pour faciliter les échanges entre les étudiants, les enseignants et les chercheurs.

 


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