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Mardi, 05 avril 2011

Synthèse de l'Université "Quel avenir commun pour l’Afrique et l’Europe au XXIe siècle ?"

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4. L’Afrique existe aussi à l'extérieur d'elle-même, notamment à travers la diaspora : par ce biais, l’Afrique doit être considérée comme source de valeurs pour les sociétés d’accueil.

On ne peut évoquer les relations entre les continents européen et africain sans évoquer également l’Afrique telle qu’elle est « hors d’elle », pour reprendre l'expression d'Elikia M’Bokolo, c’est-à-dire d’abord et principalement telle qu’elle existe en dehors de ses frontières géographiques, dans un premier temps par des mouvements migratoires contraints, et aujourd’hui encore par des migrations plus ou moins volontaires. En quittant son simple ancrage géographique, mais sans cesser pour autant d’être elle-même, « l’Afrique hors d’elle » s’est aussi forgée une dimension politique de valeur universelle. L’Afrique des migrations, volontaires ou involontaires, c’est, pour reprendre les mots de Césaire, cités par Elikia M'Bokolo, au sujet de la Négritude, l’Afrique

« comme prise de conscience de la différence, comme mémoire, comme fidélité, et comme solidarité ».

En ce sens, l’Afrique est aussi pour nous une source de valeurs, de nos valeurs. Car les milliers d’hommes et de femmes que l’on a conduits hors de chez eux, à un moment où les États occidentaux que nous connaissons n’existaient pas encore en tant que tels (Etats-Unis par exemple) ou s’inventaient un autre système de valeurs (fin du Moyen-Âge en Europe), ont nécessairement fécondé ces États de valeurs essentielles. Aujourd’hui, l’Afrique, c’est donc aussi le combat contre le colonialisme, le racisme, le néo-colonialisme – le combat pour la dignité de l’être humain, tous les être humains.

Une valeur, tout particulièrement, nous semble avoir été offerte au monde par l’exemple africain : c’est la fraternité. Stéphane Hessel, qui a participé à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, a exprimé ainsi cette idée dans son intervention :

« Fraternité. Ce mot, pour quiconque a eu le privilège, comme je l’ai eu à de nombreuses reprises, de voyager et d’être accueilli et de vivre en Afrique, nous sentons que les Africains le portent avec une intelligence et une force dont nous devrions prendre exemple ».

L’Afrique, par là, est terre de valeurs pour l’humanité entière. Cet universalisme des valeurs est d’autant plus nécessaire que l’Afrique et l’Europe ont à relever ensemble des défis communs majeurs : la lutte contre la pauvreté et les épidémies, qui touchent durement l’Afrique, mais aussi le réchauffement climatique, les inégalités ou la protection de la biodiversité.

C'est encore sur cet universalité des principes, plus encore que des valeurs, que Souleymane Bachir Diagne a insisté dans son intervention, dans un propos prémonitoire des mouvements révolutionnaires observés ces derniers mois sur le pourtour méditerranéen, en rappelant que la démocratie était une aspiration universelle, et que c'est une grave erreur de croire qu'au nom de supposées différences culturelles, on pourrait s'accommoder, en Europe, de dictatures en Afrique.

 


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